Jeudi 5 février 2009 4 05 /02 /Fév /2009 16:54
VIVE LA COLONIALE

En 1945, lors de ses adieux à la 2eme D.B. notre patron LECLERC nous avait dit:
"REPANDEZ AUTOUR DE VOUS,CE PATRIOTISME AGISSANT,QUI A FAIT NOTRE FORCE".
"LORSQUE VOUS SENTIREZ VOTRE ENERGIE FLECHIR,RAPPELEZ -VOUS : KOUFRA,ALENCON,PARIS,DOMPAIRE,STRASBOURG,BERCHTESGADEN"
"QUELLE REVANCHE SUR LA DEFAITE DE JUIN 40"

En 1991, au bout de 70 ans de vie, j'ai écrit " LA BARAKA D'UN FFL 40", tout simplement,en recopiant des extraits de mes trois journaux de marche.
 343 pages qui ne seront jamais publées, tous les éditeurs, inquiets pour la réussite de la vente, me demandant ma participation financière  IMPOSSIBLE.
Il faut savoir écouter les jeunes qui marchent avec leur temps. profitant de toutes les innovations.
En 2003, mes deux petites filles, GWENDOLINE et CHLOE nées le 1-1-90 et 20-8-91, me conseillent, d'acheter un ordinateur pour leur permettre de s'instruire, de s'amuser, et dans lequel, lorsque l'ordinateur est libre, je pourrai, à la loupe, écrire mes mémoires.
PEPE est obéissant et, en deux mois, à la loupe, les 343 pages sont tapées .
Les fautes de frappe et d'orthographe ont été dévorées par la souris.
Finies les crises de nerfs à la machine à écrire pour remettre à sa place exacte une lettre corrigée.
En deux autres mois, toujours à la loupe,  les 200 pages du condensé, éliminant les longueurs inévitables dans un journal de marche , sont tapées à leur tour.

MIRACLE ; En moins d'une minute , les 200 pages sont recopiées sur une disquette valant un demi-euro; et, en moins de trois minutes, les 343 pages sur deux disquettes.
Finis les problèmes de FINANCE.
Mes disquettes ont pris le chemin du MUSEE DE L'ARMEE AUX INVALIDES, AU SERVICE HISTORIQUE DE LA DEFENSE à VINCENNES et au MUSEE DES TROUPES DE MARINE à FREJUS.
Ainsi qu'aux Editions ANOVI que dirige Mr ERIC LABAYLE, docteur en histoire militaire.
Mr ERIC LABAYLE y a trouvé des renseignements qu'il n'avait trouvés nulle part ailleurs.
Avec mon autorisation empressée, il a aussitôt publié sur son site   www.anovi.org    documents, la période Automne 1939 Victoire de 1945.
Evasion, le 24 Juin 1940 sur le POURQUOI PAS de JACQUES GUEGUEN(65 ans), le véritable héros de mon récit.
Premiers pas d'un FFL en Angleterre.
De l'Angleterre à la TUNISIE (Parcours d'un FFL)
Préparer la revanche.
De la NORMANDIE à l'ALLEMAGNE, avec la 2eme DB.
La victoire de 1945.
Le Régiment de marche du TCHAD plante le drapeau français tout en haut du nid d'aigle de BERCHTESGADEN (Pour une revanche c'est une revanche !)
1942 Bombardement de FORT LAMY. Avec quatre sous-titres :
Le récit des faits
Quelques réflexions
Les mensonges de PAUL CARREL.
Les erreurs du Général INGOLD, trompé par PAUL CARREL ravi d'avoir trompé l'ennemi.

Plus tard il publiera des passages sur l'INDOCHINE.
En remerciement j'ai fait cadeau à Mr ERIC LABAYLE de mes trois journaux de marche. appréciés des historiens qui n'accordent pas leur confiance aux rapports officiels souvent établis afin de s'attirer le moins possible d'ennuis mais loin de la vérité historique recherchée.
Si mon livre avait été publié, le nombre de lecteurs aurait peut-être atteint 2000, 3000, de toutes façons un nombre dérisoire comparé aux milliers d'internautes, en nombre croissant, qui ont déjà lu, gratuitement, LA BARAKA D'UN FFL40.
Et c'est le but que je recherchais.
Sur leur écran les internautes lisent plus facilement que dans un livre et ils disposent de mon adresse e-mail     marzinyves@aol.com   pour me demander des précisions et ceci sans enveloppe  et sans timbre.
Jusqu'en 1996, à BENDEJUN, dans l'arrière-pays niçois, mon enfant GEORGES, sa compagne AGNES et leurs enfants GWENDOLINE et CHLOE habitaient chez moi.
Changement de décor : Depuis 1996 je vis chez mes enfants et petits enfants à CASTAGNIERS, un autre paradis terrestre.
En Mai 2007 mon fils GEORGES a été emporté par un infarctus foudroyant
Musicien de talent, il nous laisse plusieurs disques et, en particulier, quatre CD de musique occitane déjà vendus.
Dans la Méditerranée ses cendres attendent les miennes lorsque l'heure viendra.
Celles de son parrain GEORGES DEROBERT, qui aurait dû prendre le commandement du paquebot FRANCE sont déjà dans la Manche en attendant celles de sa femme NICOLE.
J'espère vivre encore jusqu'au moment où CHLOE aura franchi le cap de ses 20 ans.
Mon généraliste est optimiste car mon opération du coeur le 23 Juin dernier (Une valve neuve et un pontage)a réussi sans aucune douleur autre que les piqûres de l'anesthésie.
Après 28 jours à VENCE, à la MAISON DU MINEUR (Kiné et bicyclette) je suis revenu à CASTAGNIERS le 1er Aout
Finis les essoufflements dans les côtes et mon nouveau coeur bat comme une horloge.
Tant que je suis en vie ma pension actuelle de 2051,06 par mois et ma pension du combattant Environ 25O EUROS tous les six mois mettent du beurre dans les épinards.
Au mois de Mai j'éprouvais des difficultés dans les collines montantes.
Mon généraliste Docteur BACCA d'ASPREMONT ayant trouvé une anomalie dans mon coeur m'a dirigé vers le cardiologue Docteur PRIETO qui a vu que j'avais une valve en mauvais état et m'a dirigé sur la clinique ST GEORGE à CIMIEZ
Deux jours d'examen et le 21 Juin j'étais à ST LAURENT DU VAR à l'INSTITUT TSANCK où le docteur TAPIA m'a dit que si je n'étais pas opéré, j'aurais des ennuis et que je risquais même de disparaître définitivement.
J'ai donc choisi l'opération  qui a eu  lieu le 23 Juin au matin
J'ai bien senti les piqûres de l'anesthésie et puis plus rien
Je me suis réveillé à 23 h 30, ne sentant rien et me demandant quand on allait enfin m'opérer
Surprise : Mais c'est déjà terminé regardez votre pansement vertical au milieu de votre poitrine.
Le Docteur TAPIA m'a dit qu'il  a travaillé quatre heures sur mon coeur qui s'est arrêté deux fois deux minutes puis il est reparti de plus belle.
Les autres opérés du coeur sont unanimes : Vive le Docteur TAPIA
Et les futurs opérés du coeur peuvent être rassurés ils ne sentiront que les piqûres de l'anesthésie.
Les efficaces pilules anti-douleur font bien leur travail.
Les infirmières ont été aux petits soins pour moi et en particulier la NOIRE.
Toutes mes félicitations aussi aux infirmières de LA MAISON DU MINEUR à VENCE.
EN FRANCE ON EST BIEN SOIGNE !
Pour aller de SAINT LAURENT DU VAR à VENCE j'étais dans l'ambulance près de la conductrice
Chambre 342 pour moi tout seul avec vue sur VENCE
Lavabos, douche, WC  tout le confort
Repas dans la chambre les premiiers jours puis restaurant au rez de chaussée.
J'ai même pu écouter mes CD
Cuisine excellente et variée.
Poste de télévision.
Les 28 jours ont vite passé .
Dès le 8 Juillet mon pansement a disparu et j'ai une belle cicatrice verticale d'une vingtaine de cms qui orne ma poitrine.
Comme les bonnes nouvelles n'arrivent jamais seules GWENDOLINE a réussi son baccalauréat, la 15eme du département et elle est maintenant en faculté médecine, 1ere année.
Au cours de mes promenades, j'arbore sur ma casquette  l'insigne du 22eme GCFTA de la 2eme DB, la Presidential unit citation et l'insigne du 2eme groupe du 3eme RAMa (Ayant commandé la 4eme batterie à sa création à SUIPPES dans la MARNE, fin 1951 et le 1er semestre 1952 avant de partir comme nouveau capitaine en INDOCHINE pour mon 3eme séjour volontaire, comme toujours.
Ceci me permet d'être arrêté par quelques curieux à qui je peux parler de vive voix de LA BARAKA D'UN FFL 40 et de leur fournir le site s'ils ont INTERNET.
Sites de LA BARAKA D'UN FFL 40 ;
Les 343 pages avec six photos dont la mienne, Sous Lieutenant de l'Artillerie Coloniale à 24 ans :
http://jeanclaude.hyrien.free.fr   cliquer sur LA BARAKA D'UN FFL 40
Les 200 pages sur le site    labarakadunffl40@over-blog.com
13 chapitres sur les 49 sont sur le site  http://membres.lycos.fr/marzinyv/
marzinyves@aol.com   (e-mail)
06 87  31 11 69
Capitaine MARZIN YVES 221 Chemin du Baus Inférieur 06670 CASTAGNIERS
CASTAGNIERS le 2-2-2009.


Par MarzinYves
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Mercredi 6 juin 2007 3 06 /06 /Juin /2007 12:58

                                      LA BARAKA D’UN  FFL 40 (Condensé)

 

-o- AVANT -PROPOS –o-

 

        Assez bavard, de nature, étant plus jeune, mes  camarades m’arrêtaient, souvent, dans mon élan : « Ne raconte pas ta vie ». Ils la connaissaient, la partageaient, donc, aucun intérêt. 

        Et puis les années passent, et, un jour, on est surpris, tout ETONNE (Ce n’était, réellement, pas prévu !), d’être arrivé à l’âge de la retraite.

        On a, de plus en plus, le temps de bavarder, et l’on est surpris de constater, que nos récits, éveillent un certain intérêt chez les plus jeunes.

        « PEPE, qu’as-tu fait, depuis que tu es né ? – Tu devrais écrire le livre de ta vie, et y incorporer les photos de tes albums ! »

        Un  grand- père ne peut pas refuser ! (Même pas VICTOR HUGO, le roi des grands-pères.)

        Je ne suis pas un écrivain, mais, j’ai une excellente mémoire, et des archives, dont trois journaux de marche (De 1945 à 1954). Donc, inutile d’inventer des histoires, de ROMANCER. JE PREFERE LA REALITE, souvent, plus étonnante, marquée par le DESTIN, toujours imprévisible, et qui nous oblige à nous ADAPTER.

        Pour l’occasion, j’ai acheté une petite machine à écrire, portative, et une rame de 500 feuilles. (Ai horreur d’écrire à la main, heureusement pour le lecteur !)

        Et puis, j’ai commencé à RACONTER MA VIE, depuis le 27 Mai 1921.

        Au bout de 341 pages, à raison d’une quarantaine de lignes, par page, je me suis arrêté, à la naissance de ma 2eme petite fille, CHLOE, le 20 Août 1991. (70 ans, d’une naissance à une autre !)

        Le résultat est impressionnant. Deux grands classeurs, risquant d’effrayer un éventuel éditeur, que je n’ai toujours pas trouvé, ne disposant d’aucune fortune personnelle, et, plus que jamais, décidé à ne rien romancer !

        J’ai donc pensé à en extraire un CONDENSE. Et voici le résultat : 198 pages seulement !

        Les quatorze premières pages nous amènent à la défaite de 1940, à mon évasion de BRETAGNE et à mon engagement dans les FORCES FRANCAISES LIBRES, à LONDRES, le 1er Juillet 1940. (Pour la durée de la guerre, plus trois mois).Ils vont être longs, ces trois mois : Jusqu’en 1962 !

        Page 16 : Le voyage LIVERPOOL – POINTE NOIRE, sur le NORTHUMBERLAND.

        A la page 23, nous quittons FORT LAMY, avec la COLONNE LECLERC. Traversée du désert et campagne de TUNISIE, sur la gauche de la 8eme Armée de MONTGOMERY.

        Page 24 : La TRIPOLITAINE. Les forces LECLERC : FORCE « L », 2eme DFL, se préparent à devenir la célèbre 2eme DIVISION BLINDEE (Terreur des Allemands : chacun son tour !)

        Page 25 : Entré MDL à CHERCHELL, en sors Aspirant : promo LIBERATION, le 1er Avril 44 et suis affecté au 22eme GC FTA de la 2eme DB de mon toujours PATRON : LECLERC.

        Page 26 : De nouveau l’ANGLETERRE.

        De la page 27 à la page 38 : Campagne de FRANCE (NORMANDIE, PARIS, DOMPAIRE, STRASBOURG, ARDENNES, ROYAN) d’ALLEMAGNE (BERCHTESGADEN) Congés de fin de campagne, ANTIBES, MARSEILLE, NEA HELLAS.

        De très nombreux et excellents livres ont été écrits, sur les campagnes auxquelles j’ai participé depuis 1940. Donc, inutile de s’y appesantir.

        Les campagnes que nous allons entreprendre, à partir de maintenant, sont, infiniment, moins connues, quand elles ne sont pas, tout simplement, ignorées du grand public, trop souvent indifférent, à tout ce qui peut bien se passer, au-delà de nos frontières métropolitaines !

        Du 20-9-45 au début de 1954, je dispose de trois journaux de marche,  écrits au jour le jour, ou presque, présentant, malheureusement, des passages illisibles, mais relatant, FIDELEMENT, ce qui se passait, REELLEMENT, dans les endroits où je suis passé.

         De la page 39 à la page 49, je suis à SAIGON, déchargeant et, parfois, rechargeant des bateaux de plusieurs nationalités. Tout en notant le trafic portuaire.

        Jusqu’à la page 52, je commande une section de transport auto.

        De la page 52 à la page 71, je suis à GODEN, au Sud de SAIGON. Vie de poste : INTENSE : Patrouilles, embuscades, opérations.

        Jusqu’à la page 74 : Détaché à l’Etat- Major à CHOLON.

        De nouveau  GODEN, jusqu’à la dissolution du 261eme GC FTA, page 79.

        Au 1/4eme RAC (Fantassin, artilleur), à DONG SON, jusqu’à la page 111.

        De la page 111 à la page 118, j’installe un canon de 25 Pounders à KAOM SAMNOR LOEU, au CAMBODGE.

        Revenu à DONG SON, à la page 121, j’embarque sur le PASTEUR.

        Jusqu’à la page 126, retour en FRANCE. Congés de fin de campagne.

        Jusqu’à la page 151 : MARSEILLE - SAIGON sur le JAMAIQUE. Postes de DONG SON, THANH NHUT, BINH THANH, DONG SON.

        Dès la page 152, le 1/4eme RAC, redevenu artilleur, est en opération au TONKIN.

        Jusqu’à la page 166, je rentre en FRANCE, sur le PASTEUR (2eme fois). Puis, comme Lieutenant ancien, je commande la 4eme Batterie  blindée, du 2/3eme RAC, à SUIPPES, dans la MARNE. (Artilleur en temps de paix)

        Jusqu’à la page 177 : MARSEILLE – SAIGON, sur le FELIX ROUSSEL, puis TONKIN : Cdt 3eme Batterie du l/4eme RAC, Camp ERULIN, Cdt Artillerie Secteur KESAT, Cdt artillerie secteur BAC NINH – PHU LANG THUONG et 126eme batterie de position. FIN DE LA GUERRE D’INDOCHINE. ABANDON DE NOS FIDELES VIETNAMIENS : GRANDE TRISTESSE !

        De la page 177 à la page 181 : Afrique du Nord : SOUSSE (RACT), BATNA (RACM)

        Pages 181 et 182 : DAKAR, au 6eme RAC, qui devient le 6eme RAMa !

        Page 182 : Le HODNA, en ALGERIE : FIN DE MA CARRIERE MILITAIRE.

(55 annuités) SANS UNE EGRATIGNURE, d’où le titre, très envié du récit.

        De la page 183 à la page 190, pendant 19 ans, je seconde mon frère, mon aîné de sept ans, qui tient à NICE, le restaurant LE FLORIAN.

        De la page 191 à la page 198 : La vie heureuse, d’un PEPE retraité, dans l’arrière- pays niçois à BENDEJUN.

        Les noms des personnes citées sont les noms véritables, sauf notre PATRON LECLERC, qui s’en est forgé un, célèbre !

        CE CONDENSE  est beaucoup moins détaillé que l’original de 341 pages, ne retenant que l’essentiel, supprimant quelques longueurs inévitables dans un journal de marche.

        Les noms reviennent 2 000 fois, environ, contre 3 200 dans l’original. Beaucoup d’entre eux, ont forcé mon admiration.

 

Par MarzinYves
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Mercredi 6 juin 2007 3 06 /06 /Juin /2007 12:57

 

-o-  S   O   M   M   A   I   R   E  -o-

 

 

Condensé: 198/ 341

CHAPITRE 1: HENVIC   DU 27-5-21 au CEP (Pages 1, 2, 3)

CHAPITRE 2 ; Le COLLEGE DE MORLAIX  (5eme, 4eme) (Pages 4 et 5)

CHAPITRE 3 : PARIS : Lycée JANSON DE SAILLY (3eme, 2eme, 1ere)-

                                         Restaurant d’AUTRICHE  (Pages 6 à 11)

CHAPITRE 4 : LA GUERRE : Maths- Elem à MORLAIX. Arrivée des Allemands. Sabotage. EVASION, grâce à JACQUES GUEGUEN (65 ans), sur son « POURQUOI- PAS » de          8 m 40 : CARANTEC – JERSEY. (Pages 12, 13, 14) SOUTHAMPTON. (27-6-40)

CHAPITRE 5 : ANGLETERRE : Engagement dans les Forces Françaises Libres (FFL) à

LONDRES, le 1er Juillet 40. Instruction (75, 40 BOFORS). MDL le 1-5-41. (Pages 14 à 17)

CHAPITRE 6 : « NORTHUMBERLAND »-LIVERPOOL- POINTE NOIRE (Page 18)

CHAPITRE 7 : AFRIQUE EQUATORIALE FRANCAISE : BRAZZAVILLE, LE FONDERE, BANGUI, FORT ARCHAMBAULT, FORT LAMY. (Page 19)

CHAPITRE 8 : FORT LAMY : 40 BOFORS. Du 23-12-41 au 1er-3-43. (Pages 20 à 22)

CHAPITRE 9 : LE DESERT : Campagnes du FEZZAN, de TUNISIE, jusqu’au 8-5-43. (Pages 23, 24)

CHAPITRE 10 : LA TRIPOLITAINE. LES FORCES LECLERC se préparent à devenir la célèbre 2eme DIVISION BLINDEE. (Page 24) 

CHAPITRE 11 : ALGERIE. ESMIA à CHERCHELL. Aspirant le 1er-4-44 (Pages 25, 26)

CHAPITRE 12 : ANGLETERRE (2eme fois) (Avec la 2eme DB) Jusqu’au 30-7-44 (Page 26)

CHAPITRE 13 : FRANCE : NORMANDIE, PARIS,  DOMPAIRE, STRASBOURG, ARDENNES, ROYAN, jusqu’au 1-5-45. (Pages 27 à 31)

CHAPITRE 14 : ALLEMAGNE : BERCHTESGADEN. MUNICH. LES DEPORTES. FIN DE LA GUERRE 39-45. (Pages 31, 32)

CHAPITRE 15 : FRANCE  (2eme fois) (Congés jusqu’au 13-11-45) (Pages 32 à 34)

CHAPITRE 16 : ANTIBES 261eme GC FTA. Jusqu’au 16-1-46 (Pages 34 à 36)

CHAPITRE 17 : MARSEILLE : Camp de MAZARGUES, jusqu’au 6-2-46. (Pages 36 à 38)

CHAPITRE 18 : NEA HELLAS : MARSEILLE –SAIGON. Jusque au 6-3-46. (Pages 38, 39)

CHAPITRE 19 : SAIGON : Déchargement et rechargement de bateaux. Trafic portuaire. Jusqu’au 12-8-46 (Page 39 à 49)

CHAPITRE 20 : Section de TRANPORT AUTO, jusqu’au 11-9-46 : (Pages 50 à 52)

CHAPITRE 21 : GODEN Vie intense de poste : Patrouilles, opérations, embuscades.       Jusqu’au 9-11-46  (Pages 52 à 62)

CHAPITRE 22 :   GODEN (2) Jusqu’au 2-2-47. (Pages 62 à 71) 

CHAPITRE 23 :   CHOLON : Remplaçant provisoire de l’adjoint de l’Officier S 2, S 3, jusqu’au 7-4-47. (Pages 71 à 74)

CHAPITRE 24 :   GODEN (3) Jusqu’à la dissolution du 261eme GC FTA, le 15-6-47. Pages 74 à 79.

CHAPITRE 25 :   DONG SON : 1/4eme RAC (2eme batterie) (Artilleur- fantassin), comme à GODEN. (25 Pders, mais plus de BOFORS) Jusqu’au 14-9-47 (Pages 80 à 92) 

CHAPITRE 26 :   DONG SON (2) (Suite) Jusqu’au 29-11-47. (Pages 92 à 97)

CHAPITRE 27 :   DONG SON (3) (Suite) Jusqu’au 21-5-48. (Pages 97 à 111)

CHAPITRE 28 :   CAMBODGE : J’installe un canon de 25 Pders à KAOM SAMNOR LOEU, sur la rive Ouest du MEKONG, près de la COCHINCHINE, jusqu’au 17-8-48. Pages 111 à 118.

CHAPITRE 29 :   DONG SON (4) (Suite) jusqu’au 28-9-48. (Pages 119 à 121)

CHAPITRE 30 : PASTEUR : SAIGON – MARSEILLE. Jusqu’au 14-10-48. (Pages 121, 122)

XHAPITRE 31 : FRANCE (3eme fois) Congés jusqu’au  26-4-49. (Pages 122 à 126)

CHAPITRE 32 : JAMAIQUE : MARSEILLE – SAIGON : Au 24-5-49 (Page 127)

CHAPITRE 33 : DONG SON (5) (Suite) Jusqu’au 20-6-49. (Pages 127-129)

CHAPITRE 34 : THANH NHUT : Jusqu’au 20-8-49. (Pages 129 à 134)

CHAPITRE 35 : THANH NHUT (2) (Suite) Jusqu’au 24-12-49. (Pages 134 à 139)

CHAPITRE 36 : THANH NHUT (3) (Suite)  Jusqu’au 7-5-50. (Pages 139 à 142)

CHAPITRE 37 : BINH THANH : Jusqu’au 26-7-50. (Pages  143 à 146)

CHAPITRE 38 : DONG SON (6) (Suite) Jusqu’au 23-1-51 (Pages 146 à 151)

CHAPITRE 39 : TONKIN : Le 1/4eme RAC, à pied (Artilleur- fantassin) devient le 1er groupe d’Artillerie, du 4eme RAC. Jusqu’au 21-8-51. (Pages 152 à 156)

CHAPITRE 40 : PASTEUR : (2eme fois)  BAIE D’ALONG- SAIGON- MARSEILLE. Jusqu’au 9-9-51 (Pages 156, 157)

CHAPITRE 41 : FRANCE (4eme fois) Cdt 4eme Bie (Blindée) du 2/3eme RAC, à SUIPPES (Marne) Vie d’artilleur en temps de paix. Jusqu’au 19-3-52. (Pages 158 à 161)

CHAPITRE 42 : FRANCE  (5) (Suite) 4eme Bie, MAILLY, MOURMELON, SUIPPES, jusqu’au 21-7-52. (Pages 162 à 166)

NOMME CAPITAINE, POUR  COMPTER, DU 1er-7-52. 

CHAPITRE 43 : TONKIN (3eme séjour) Cdt 3eme Bie du 1/4eme RAC. Remplacement au CAMP ERULIN. Cdt Artillerie du Secteur de KE SAT. Adjoint feux du Cel DEDIEU. Jusqu’au 19-9-53. (Pages 167 à 173)

CHAPITRE 44 : BAC NINH : Cdt 126eme de position (105 long français) et Cdt Artillerie du Secteur BAC NINH – PHU  LANG THUONG. 

FIN DE LA GUERRE (Trop onéreuse pour la FRANCE seule) d’INDOCHINE ABANDON de nos fidèles VIETNAMIENS, qui composaient les 9/10, de mon effectif). MA PLUS GRANDE TRISTESSE !  Jusqu’au  8-9-54. (Pages  173 à 177)

CHAPITRE 45 : AFRIQUE DU NORD : RACT (Régiment d’artillerie coloniale de TUNISIE) à SOUSSE, RACT (Régiment d’artillerie coloniale du Maroc) à BATNA, jusqu’au 15-3-58. (Pages 177 à 181)

CHAPITRE 46 : DAKAR :   6eme RAC devenu, ensuite le 6eme RAMa, jusqu’au 3-2-61

(Pages 181 et 182)

CHAPITRE 47 : Le HODNA, en ALGERIE, au 1/2eme RAMa, jusqu’au 5-1-62. (Pages 182 et 183)               FIN DE MA CARRIERE MILITAIRE (55 annuités !)

CHAPITRE 48 : NICE : Le Restaurant  LE FLORIAN, 22, rue Alphonse KARR.

Je seconde mon frère JO, pendant 19 ans. Jusqu’au 31-10-81. (Pages 183 à 190)

CHAPITRE 49 : BENDEJUN : Vie d’un heureux PEPE retraité, père d’un musicien, électronicien, et grand-père comblé, jusqu’au 2O-8-91, jour de la naissance de CHLOE.

(Pages 191 à 198)

                            70 ans d’une vie agitée, SANS UNE EGRATIGNURE

                        D’où le titre du récit : « LA BARAKA D’UN FFL 40 »

21-5-2005 :13 chapitres sur 49 peuvent être lus dans INTERNET sur le site :

http://membres.lycos.fr/marzinyv/

Les éditions anovi ont, d’autre   part, publié, dans la période 39-45 les passages suivants :EVASION,  PREMIERS PAS D’UN FFL EN ANGLETERRE, DE L’ANGLETERRE A LA TUNISIE (Parcours d’un FFL), PREPARER LA REVANCHE, DE  LA NORMANDIE à L’ALLEMAGNE,  AVEC LA 2eme DB. LA VICTOIRE.  Sur le site :www.anovi.org     CLIQUER sur 39-45, DOCUMENTS, TEMOIGNAGES YVES MARZIN Bonne lecture ! 

17-07-2005 : Sur le site  www.anovi.org  on peut lire le Bombardement de FORT LAMY, le 21-1-42.

15-09-2005 : Les 343 pages de « LA BARAKA D’UN FFL 40 » sont, maintenant, sur le site STOLVEZEN , avec une demi-douzaine de photos, dont celle du Sous- Lieutenant de la COLONIALE : Yves MARZIN qui vous accueille (24 ans !), JACQUES GUEGUEN,le passeur du POURQUOI PAS et notre PATRON LECLERC. 

Pour y accéder, il suffit de taper :     jeanclaude.hyrien.free.fr

UN SOURIRE à mes bêtises de jeunesse et les remèdes pour y REMEDIER !

 

Par MarzinYves
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Mercredi 6 juin 2007 3 06 /06 /Juin /2007 12:56

01

Chapitre 1          H E N V I C

 

        Une  seule commune, en FRANCE, s’appelle HENVIC. Village de 1 500 habitants, situé à 12 Kms au Nord- Ouest de MORLAIX, dans le Nord du FINISTERE.

        C’est dans ce village, dans une maison, en face de la nouvelle église, que je suis né, le 27 Mai 1921, entouré de ma mère, née Marie Yvonne PENVEN, mon père Yves MARZIN, mon frère JOSEPH (JO), né le 20 Novembre 1913, ma grand-mère maternelle, Marie Louise, née LE DUC, et veuve de mon grand-père PENVEN.

        Dans les délais légaux, mon père me déclara à la Mairie, et je fus prénommé Yves, comme lui !

        Les garçons naissent dans les choux, d’après nos grands-mères, interrogées sur ce délicat problème ! En ce qui me concerne, ce devait être un chou-fleur, car le village en produit, à profusion, ainsi que les artichauts et les primeurs.

        Une autre caractéristique du village, c’est la proximité de la mer : CARANTEC, ROSCOFF et ST POL DE LEON sont en vue.

        En 1923, ma mère, mon frère et moi, quittons la FRANCE métropolitaine, via MARSEILLE, pour rejoindre, en bateau, notre chef de famille, second- maître canonnier, à ORAN, en ALGERIE.

        Peu de souvenirs, évidemment, de cette période de deux ans : le tir des canons de marine, en exercice, et le chien qui me paraissait bien gros, tout au plus.

         En 1925, nous sommes de retour en BRETAGNE, et, plus précisément, à HENVIC.

        PLUS DE PERE, à 5 ans, PLUS DE MERE, à 7 ans, c’est, désormais, ma grand-mère qui va s’occuper de moi, et, ADMIRABLEMENT.

          « Compte sur toi, et encore ! », aura été l’un de ses meilleurs conseils, que j’ai, strictement, suivis, toute ma vie. Comme elle avait raison !

        Dès ses treize ans, certificat d’études primaires en poche, mon frère JO entre, comme  apprenti- pâtissier, chez Mr GUILLOU, à ST POL DE LEON, à 8 Kms, (Que nous apercevons de notre fenêtre). Dès qu’il est libre, il prend sa bicyclette, et, passant par le PONT DE LA CORDE (A péage), il vient se reposer à HENVIC.

       De mon côté, je travaille, de mon mieux, à l’école communale, guidé par une institutrice, puis un instituteur hors pairs. La première m’aura fait copier, cent fois, la table de multiplication par quatre, que je ne savais pas très bien. Le lendemain, non seulement je la savais, mais aussi, la table par cinq. Merci, Mme GUILLERM.     

 

 

        Mr GUYOMAR, lui, a réussi à me faire passer, à treize ans, brillamment, le certificat d’études primaires, avec mention « Bien », à TAULE, chef de canton voisin, situé à 4 Kms.

        En dehors de l’école, je demeure donc avec ma grand-mère, qui tient un bistrot, mais vend aussi, de la confiserie et un assortiment de sabots de bois  et de galoches réputées.

        Pendant longtemps, avec mes deux mains, il m’arrive de servir les clients : Vin, apéritif, digestif, bière, soda et même « Champagne breton » (Rhum et limonade !)

        J’aide ma grand-mère de mon mieux, et, toujours, avec un égal plaisir.

        L’un de nos meilleurs clients est le forgeron voisin (Mitoyen). Il marche avec une prothèse, ayant eu un pied coupé, dans l’ ENFER DE VERDUN. Par lui, j’ai appris les horreurs de la guerre 14-18, et aussi, il faut de reconnaître, à haïr le BOCHE.

        Nous avons un jardin potager, et nous élevons quelques lapins, que nous allons, parfois, vendre, au marché de ST POL DE LEON. Rien de tel, pour s’initier au jardinage et au bricolage. (Réfection des clapiers, par exemple !)

        Un jour, le mari de l’institutrice est venu, nous installer l’électricité. Pour l’éclairage, seulement, mais quelle révolution ! Mise en réserve des lampes à pétrole malodorantes et des bougies fumeuses. Désormais, les lampes-tempête ne serviront que la nuit, lorsqu’il faut se déplacer, pour les courses et, surtout les visites que nous rendons, régulièrement, aux oncles, tantes, cousins et cousines, très, très nombreux.

        Parfois, le vendredi soir, nous nous rendons au TY-NEVEZ, chez les MARZIN. C’est le jour où la grand-mère et la plus jeune des filles de la maison, font les crêpes. (Dans la grande cheminée, sur un grand plateau, en étalant la pâte avec une raclette).On ne mange que des crêpes, mais quel régal ! Plus question d’avoir faim.

        Chez mon parrain PENVEN, que mes cousins appellent tonton CLAUDA, je vais chercher les œufs, le lait, et surtout, le beurre salé breton (Evidemment !) que ma marraine réussit à merveille. Ils ont trois enfants : Joseph, Céline et Denise. Ils élèvent, également, deux vaches. Parfois, on nous les confie, pour les mener paître, dans les champs voisins.

        Si nous voulons des crevettes, nous allons à CARANTEC, où notre tante Marie Josèphe en pêche. Elle a la réputation de ne jamais revenir bredouille, connaissant ses « trous d’eau », mais en en conservant, jalousement le secret ! Encore une famille PENVEN, avec deux enfants : Yvonne et Louisette. Le chef de famille travaille, comme cantonnier, à HENVIC. Parfois, avec mon parrain.

 

 

        Au bout de notre jardin, habite la famille LE DLUZ. Elle comprend tante Jeanne, née PENVEN, tonton Jean, quand il n’est pas sur le « TRITON 15 », mécanicien de ce remorqueur basé à CONFLANS STE HONORINE, et tractant de nombreuses péniches sur la SEINE. Tante Jeanne cultive donc son petit jardin, tout en élevant une nombreuse famille : Marcelle, plus âgée que moi d’un an, Fernande, Jean, Jeanne, Mimi et Yves.

        Avec ça, la solitude, ça n’existe pas ! Un chanteur le dira, plus tard !

        A la gare, encore une famille PENVEN : Tonton Jean, quand il n’est pas sur le « TRITON 17 » dont il est le mécanicien. Tante Jeanne avec sa mère tante Belle, et qui cultive son jardin, tout en élevant Roger, Micheline et ma filleule Suzanne.

       A ST POL DE LEON, enfin, une dernière famille PENVEN : Tonton François qui travaille aux chemins de fer, tante Olive, et leurs enfants : Robert, Raymond et Christiane.

        Nous visitons, régulièrement, ces familles, à tour de rôle, pour éviter les jalousies et puis, ils sont tellement contents de voir leurs mère et grand-mère, qui apportent, toujours, des bonbons ! 

        Comme souvenir d’oiseaux : Les alouettes qui montent à la verticale, tout en chantant, joyeusement, pour redescendre, à toute allure, lorsqu’elles pensent être  montées, suffisamment haut. J’ai beaucoup voyagé. Il ne m’a plus été donné d’en voir. Au CANADA, peut-être, une chanson en faisant une description détaillée, mais je n’y suis jamais allé.

        A noter encore de cette période « préteenage » (ça, ce n’est pas du bon français !) le fait qu’ayant été baptisé à HENVIC, j’ai, assidûment, suivi les cours du catéchisme, dans la vieille église, située dans le cimetière, ce qui m’a permis de faire ma première communion, et même, d’être confirmé par Monseigneur DUPARC de l’ Evêché de QUIMPER.

        Le Recteur Eucher CORRE aurait bien aimé que je sois enfant de chœur. Ma grand-mère n’y tenait pas tellement, et moi, non plus.

        Par contre, étant réputé pour la qualité de ma diction, j’acceptais, lors de grandes cérémonies, de lire, à haute voix, les noms des tués de la guerre 14-18, inscrits sur notre monument aux morts. A chaque nom appelé, la foule, nombreuse, égrenait : «MORT POUR LA FRANCE »

        A HENVIC, cette liste était particulièrement longue. J’ai rarement vu un village d’une si petite population, avoir un monument aussi important.

Par MarzinYves
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Mercredi 6 juin 2007 3 06 /06 /Juin /2007 12:55

02

CHAPITRE 2         LE COLLEGE DE MORLAIX

 

        Ayant mon certificat d’études primaires (Un vrai diplôme, en ce temps-là, qui voulait dire, en particulier, que l’on avait fait moins de cinq fautes éliminatoires, dans sa dictée !), je n’ai pas eu besoin de passer l’examen d’entrée, en sixième.

        De plus, ayant obtenu la mention BIEN, je suis admis, directement, en cinquième, au Collège de MORLAIX, comme pensionnaire.

        Un vrai trousseau et l’uniforme du Collégien, avec la casquette pour les sorties. Fierté naissante ?

        Les cours ? Tous les jours, sauf le jeudi et le dimanche.

        Le jeudi matin, on est en étude. Mais, l’après-midi, on revêt l’uniforme et un pion nous promène, en rangs, dans les environs de MORLAIX. On nous permet de chanter et nous en profitons, amplement !

        Chaque jeudi, j’envoie une lettre à grand-mère, écrite en breton, et en caractères d’imprimerie, du fait qu’elle ne sait pas le français et que, si on lui a appris à lire, quand elle était jeune, on ne lui a jamais appris à écrire. Par contre, elle sait très bien compter !

        Si on n’a pas été puni, on a une permission, le samedi soir, jusqu’au lendemain soir.

        La descente, en courant, de KERNEGUEZ, où se trouve le Collège, vers la ville et la remontée des escaliers, toujours en courant, vers la gare, est un sport particulièrement apprécié !

        Je prends le billet A.R., puis le train de ROSCOFF, qui, après avoir emprunté le chemin de BREST, oblique, brusquement, vers le Nord- Ouest, s’arrête à TAULE et me dépose à HENVIC.

        Encore un kilomètre, en courant, et je retrouve grand-mère, qui m’a déjà préparé un sérieux plat de « far » qui, comme les crêpes, tient lieu de hors d’œuvre, entrée, plat du jour, légumes, fromage et dessert. « TITIVE » (mon surnom d’alors), n’a plus faim !

        Le dimanche, après la messe de 10 h, je suis au bistrot, tout heureux de retrouver nos clients, et de leur servir, d’une main, maintenant, car j’ai grandi, les boissons de leur choix.

        Bien sûr, le dimanche passe toujours trop vite, et il ne faut pas rater le train, ou l’autorail, parfois la micheline (Aux roues de caoutchouc !), ni arriver en retard au dortoir, surveillé par un pion.

        Heureusement, il y a les vacances, que je passe, toujours, avec ma grand-mère.

 
        En cinquième, j’ai passé un concours, pour obtenir une bourse d’études. Mais j’ai échoué, pour une SEULE faute d’orthographe : « …feint de manœuvrer ». J’ai écrit « fin », ce qui n’aurait pas été idiot, dans le texte. Quant au verbe « feindre », je n’en avais jamais entendu parler ! Cette lacune, impardonnable, est comblée depuis ce jour !

        A la fin de la quatrième, mes résultats étaient plutôt satisfaisants :

                  Félicitations du conseil de discipline : une fois

                  Prix du tableau d’honneur (classe, étude)

                  Prix du tableau d’honneur (Internat)

                  Premier prix d’orthographe et grammaire

                  Quatrième accessit d’histoire

                   Premier accessit de sciences naturelles

                   Premier prix d’anglais (2eme langue)

                   Deuxième accessit d’allemand (1ere langue)

                    Deuxième prix de dessin d’art.

        En athlétisme, chez les minimes, (13-15 ans), mon saut en hauteur de un mètre trente (en ciseau) est signalé à l’attention de tous.

        Inutile de dire, que ma grand-mère était aux anges, de tous ces résultats.

        Malheureusement, tout a une fin, et, vaincue, par l’âge et la maladie, ma grand-mère me laissait, seul, à 15 ans.

        Lorsque j’entends quelqu’un dire que le progrès ne sert à rien, je revois encore, ma grand-mère, en hiver, casser la glace d’une mare, MALGRE SES ENGELURES, et rincer le linge, qui avait bouilli dans une lessiveuse, et qu’on avait transporté là, en brouette, à 500 mètres de la maison. Et elle ne se plaignait pas, habituée et AIMANT A SE DEVOUER !

        Vive les machines à laver, quand même !

Par MarzinYves
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Mercredi 6 juin 2007 3 06 /06 /Juin /2007 12:54

03

Chapitre 3          P A R I S

 

        A quinze ans, après deux ans de pâtisserie, mon frère JO, a été envoyé à LANNION (Côtes d’Armor, maintenant), pour y apprendre la cuisine, puis à DINARD ST LUNAIRE, puis au TOUQUET PARIS PLAGE (Avec un voyage : LE HAVRE – NEW YORK – LE HAVRE sur le paquebot DE GRASSE). Enfin au restaurant LITTLE HUNGARY, à PARIS (Cuisine d’Europe centrale).Tout en suivant les cours de l’Ecole Hôtelière (Anglais, allemand), à  PARIS.

        Service militaire à l’ ECOLE MILITAIRE, à PARIS, avec le galon de MDL à la clé.

        Rendu à la  vie civile, il a épousé Suzanne DEROBERT, sœur de Georges (Ingénieur des Ponts et Chaussées à LAMARCHE, dans les Vosges) et de Camille (Colonel d’aviation de chasse, à CHARTRES, où l’on rencontre les DEWOITINE 520 et les MORANE 406), tous trois, enfants de Isidore, gendarme en retraite, vivant, avec sa femme, à GRANGES SUR VOLOGNE, dans les VOSGES.

         Mon frère JO et Suzanne habitent, maintenant au 36, rue des Bergers, à NANTERRE. Il travaille, désormais, au Restaurant d’AUTRICHE, 11, rue TAITBOUT (Téléphone : PRO 52 79), près du journal LE TEMPS (Qui deviendra LE MONDE). Et où, il gagne TRES BIEN sa vie.

        J’ai ma chambre et un petit bureau, tout neuf. Tout le confort pour pouvoir bien travailler, car le quartier, un peu  retiré, est très calme.

        Le propriétaire, Mr RAISSON, habite, tout près avec sa femme. Très gentils. Nous nous voyons tous les jours. Conversations truffées d’argot parisien, que j’entends pour la 1ere fois, mais  qui ne tombe pas dans l’oreille d’un sourd.

        SUZANNE,  a, une tante, prénommée BLANCHE, et qui habite au 67, Boulevard des Invalides, à PARIS. Elle y vit, en permanence, avec son mari amputé d’un bras, ce qui ne l’empêche pas, d’être toujours d’excellente humeur ! Nous les voyons assez souvent.

        Dans PARIS, avec SUZANNE, nous allons, souvent, aussi, au 13, rue Royale, voir Mme MABILE, qui, déjà âgée, continue à servir de son mieux Mme MAGUET.   

        Sur la rue, une plaque, entre autres, indique :

                      MADELEINE, LUCIENNE, MAGUET,  HAUTE COUTURE.

        Cette entreprise, bien parisienne, a connu des fortunes diverses : la réussite, la défaillance, une belle reprise et un nouveau déclin, en cours.

        Mme MAGUET reçoit, tous les ans, un fût (Dans les 225 litres) de vin de BORDEAUX de qualité, qu’il faut, bien entendu, mettre en bouteilles. Aimant rendre service, c’est ma NATURE !  Cette petite tâche va, désormais, m’être confiée.

        A la cave, aux odeurs caractéristiques indéfinissables, le lavage des bouteilles vides, leur remplissage, la mise en place des bouchons, enfin leur rangement dans des casiers prévus à cet effet, est un jeu d’enfant, qui ne nécessite pas des aptitudes particulières, et je m’en tire très bien. D’ailleurs, la manipulation des bouteilles, cela me connaît !

        

 

        Mme MAGUET a un fort besoin d’argent liquide, et une machine à écrire à vendre : Une « ROYAL », déjà âgée, mais marchant, encore, très bien. SUZANNE me conseille de l’acheter : 200 francs seulement. C’est une excellente affaire et, peut-être, une bonne action. Je la fais, et cela aura peut-être, été la 1ere bonne affaire de ma vie. Les machines neuves, à cette époque, sont hors de prix, et incompatibles avec un petit budget, comme celui dont je dispose. Le transport de cette machine, relativement lourde, à pied, en métro, en autobus et encore à pied, n’a pas été de tout repos, mais enfin, on y est arrivé.

        Je vais donc pouvoir m’exercer, à taper à la machine, d’abord, avec un doigt timide de chaque main, puis avec trois doigts. Les annulaires et auriculaires n’ont jamais voulu, participer à l’effort général ! Enfin suffisamment vite,  pour pouvoir écrire, lisiblement, ce qui ne gâte rien, plus vite qu’à la main. Tout bénéfice, car je m’aperçois, tous les jours davantage, que savoir taper, est devenu indispensable, ne serait-ce que pour la présentation du courrier, mais aussi, à l’occasion, pouvoir se passer de secrétaire, lorsque des secrets importants, sont en jeu. Cela m’est arrivé !

        Dès la rentrée des classes, j’entre en 3eme B2, demi-pensionnaire, au LYCEE JANSON DE SAILLY (4 200 élèves), au 106, rue de la POMPE (Métro : POMPE) à PARIS, dans le XVIème arrondissement.  

        Pour y aller : un kilomètre, en courant, jusqu’à la station LES BERGERS. Je prends l’autobus 58, qui me dépose au Pont de NEUILLY, ou à la Porte MAILLOT. Un 1er métro jusqu’à  l’ETOILE, un 2eme métro jusqu’au TROCADERO, un 3ème métro et descente à la 1ere station « POMPE », proche du Lycée. On est à PARIS. Tout le monde court, cela ne me dérange pas !

        Premiers contacts avec de nouveaux camarades, de tous les milieux sociaux. Les Parisiens ne sont pas les seuls. Les provinciaux et même les étrangers, sont bien représentés.

        Premier étonnement : le nombre de sections par classe : Cinq sections de  3eme A (Latin, grec),  quatre sections de 3eme A prime (Latin), deux sections de 3eme B (Sciences, langues). 

        Les cours de récréation sont recouvertes de ciment, et équipées de plusieurs terrains de basket. Contre les murs, on joue à « la pelote » (A deux ou à quatre). Avec une petite balle que l’on lance contre le mur, au dessus d’une ligne horizontale. Elle a droit de toucher terre, une fois seulement, et doit alors être relancée contre le mur, toujours au dessus de la ligne horizontale, par le joueur adverse, ou l’un des deux. Ce jeu très remuant, et ne prenant pas une grande place, est très en vogue. Une sorte de pelote basque miniature.

 

 

        Attiré surtout par le basket, je finis par y consacrer, la majeure partie des temps de récréation (Trois heures au total)

        En dehors des heures de cours et de récréation, nous sommes en étude, surveillés par un répétiteur, poursuivant lui-même de hautes études : licences et même, doctorats. 

        Etant demi-pensionnaire, à midi, je prends mes repas au réfectoire, où nous disposons de tables, pour huit élèves, qui choisissent leurs places, une fois pour toutes.

        Pour se servir, un tour est établi, et parfaitement respecté. Nous sommes entre gens de bonne éducation, ou, en tout cas, nous réussissons à le paraître !

        En cours d’année, j’ai passé un nouveau concours, pour tenter d’obtenir une bourse d’études, et j’ai eu la surprise, d’abord, puis le plaisir d’y réussir ! Désormais l’ETAT pourra m’aider à financer mes études, jusqu’à 27 ans. A une condition : ne jamais REDOUBLER ! Sinon, plus de bourse ! Je n’y songe même pas !    

         Un peu désorienté, le 1er trimestre, je suis en net progrès, dès le 2eme, et termine le 3eme, dans les bons élèves. Pas parmi les rares « LU EGALE COMPRIS », mais parmi ceux, qui doivent faire un effort.

         Pour ce 3eme trimestre, il y a eu du changement. Les transports en commun, prenant, manifestement, trop de temps, je suis devenu pensionnaire. Pas d’erreur, on travaille mieux en étude, que dans  le métro ou l’autobus.

        Le dortoir des élèves de ma classe, étant complet, j’ai eu l’étonnement, de partager le dortoir, des élèves préparant les GRANDES ECOLES, et de me faire une idée, de ce que, travailler veut dire, quand on veut réussir.

        Selon leur tempérament, certains élèves travaillaient très tard, le soir. D’autres, au contraire, se levaient très tôt. Les uns et les autres, devaient dormir leurs cinq heures, mais guère davantage.

        L’un d’eux, s’étant penché sur mon travail, tandis que je devais faire une opération, genre

65 x 65, ainsi qu’on me l’avait toujours appris, m’a dit :

        « Petit, tu ne sais pas encore, comment trouver, rapidement, les carrés de petits nombres terminés par cinq ? » - ( ? ) – « Calcule, de tête, 6 par (6 + 1), le résultat par 100, et ajoute 25. Soit 4 225. C’est juste ! Essayons 85 x 85 :   8 x 9 x 100  + 25  = 7225. C’st juste.

        Il ne m’avait pas dit pourquoi, le cachottier ! Et ce n’est que plus tard, que j’ai eu le fin mot de l’histoire.     (10 x + 5) au carré  =  100 (x au carré) + 100 x  + 25

                                                                = 100 x (x  + 1) + 25

        C’est simple, mais il fallait y penser ! Ah, ces polytechniciens !

        Il m’avait tout de même prévenu, que ce n’est valable que pour les carrés  de nombres, terminés, par 5.

        Si on n’avait pas été puni, on pouvait avoir la permission de la journée, le dimanche.

J’en profitais pour aller voir SUZANNE à NANTERRE. Mon frère JO nous rejoignait, dans l’après-midi, après son service au restaurant, et avant le service du soir, autrement dit, pas longtemps.

 

 

        Un jour, en riant, il me dit : « Si tu veux me voir, plus longtemps, viens travailler, le dimanche, au restaurant »

        Avec joie, je l’ai pris au mot, et dès le dimanche suivant, je me présentais au restaurant, et fus engagé, sur le champ. Comme commis débarrasseur, sous les ordres de trois chefs de rang.

         Nettoyage de la salle, mise en place, des tables, nappes en toile, sets en papier, serviette de toile,  verres, couverts, corbeille à pain, sel, poivre, huile, vinaigre, moutarde, cure-dents, et le menu que JOSEPH, l’Autrichien, avait  tapé, comme tous les matins, et polycopié.

        Lorsque la salle était, ainsi, prête à recevoir les clients, je descendais à l’office, préparer les fruits, dont le pâtissier LOUIS, le Tchèque, avait besoin, pour ses tartes, et autres desserts

        Mon frère JO, était là, aussi, préparant les hors- d’œuvre, avec son complice MARCEL, pour les dix litres de mayonnaise. Mon frère se servant du grand fouet, MARCEL déversant l’huile à plein goulot. Un vrai spectacle. Jamais une de ratée !

        Le cuisinier LISHKA était autrichien. Les trois chefs de rang, au rez-de-chaussée, étaient JOSEPH, l’Alsacien KELLER et un Parisien.

        Le barman POPOV, faisait le marché, de bonne heure, avant de prendre place à son bar.

        La caissière recevait les bons de commande, sur un pic, préparait les additions et les encaissait.

        Et tout ce petit monde sympathique, était supervisé par le patron, Mr SCHUCH et sa femme, Autrichiens, tous deux, et considérés, par tous, comme de bons patrons.

        Avant le service,  les hors-d’œuvre et desserts, amenés par le monte-charge, manoeuvré à bras, étaient exposés, au rez-de-chaussée, sur une grande table, et les clients pouvaient les admirer, en entrant. Rien de tel pour aiguiser l’appétit !

        A onze heures, tout le personnel, prenait, ensemble, le repas.

        Puis, arrivaient les clients. Je prenais leurs chapeaux, pardessus, éventuellement parapluies, leur remettais un bon, et descendais le tout, au sous-sol, au vestiaire.

        Pendant le service, j’évacuais les verres vides, vers le bar, où POPOV les relavait et les essuyait, consciencieusement.

        Je dirigeais les assiettes sales et les couverts, vers le monte-charge, et, lorsqu’il y en avait, suffisamment, je descendais le tout, à destination du plongeur, un Français, dont j’ai oublié le nom.

        Lorsqu’un client partait, je lui remettais son « vestiaire », généralement, contre un petit pourboire.

        Tout ce service se faisait, entièrement, à la carte.

        Tandis que je m’affairais, au rez-de-chaussée, mon frère était Chef de rang, au              1er étage, et, avec l’aide d’un commis de suite, s’occupait de treize tables. Deux escaliers à parcourir, depuis la cuisine, au sous-sol !

 

 

        Les derniers clients partis, de nouveau, le nettoyage et la remise en ordre pour le service du soir.        

        Aussitôt libres, mon frère et moi, reprenions les métros et autobus, pour retrouver SUZANNE à NANTERRE. Après-midi joyeuse, et soins des pieds endoloris. (Aux saltrates Rodell). Changement de chaussettes !

        Puis, de nouveau l’autobus et les métros, pour que tout le personnel ait fini de dîner, avant 19 h.

        Pour le service du soir, je ne travaillais que jusque 21 h, pour ne pas être en retard, au dortoir du Lycée.

        Mon frère continuait, jusqu’au départ des derniers clients, puis s’installait à une table, avec JOSEPH, et un autre Chef de rang, pour compter, et répartir les pourboires, qui avaient été centralisés, dans une caissette. 30 Frs étaient prélevés pour chacun des commis. Le reliquat était, équitablement, réparti entre tous les chefs de rang.

        Le Patron garantissait 50 Frs, à chacun des chefs de rang, si les pourboires avaient été insuffisants. A ma connaissance, cela ne s’est jamais produit !

        La fin du service, était suivie du retour au vestiaire. Grands casiers métalliques, fermés par des cadenas, à chiffres, pour le nôtre, dans lesquels, on rangeait, soigneusement, nos tenues de serveur : Pantalon noir, chemise blanche, bretelles tyroliennes vertes reliées, à hauteur de poitrine, par une bande horizontale fleurie, cravate rouge et veste, d’un beau bleu ciel, à boutons plats dorés.

        Ayant pris goût, pour ce travail de restaurant, que je considérais, comme un sport intelligent, et très éducatif, je fus, facilement, accepté pour y travailler, une bonne partie de mes vacances. Le repos est un changement d’occupation !

        Grâce à ce que je gagnais, je pouvais, désormais, m’acheter, facilement, toutes les trois semaines, la paire de chaussures de basket, qui rendait, régulièrement l’âme, en raison des trois heures journalières (Match ou pas match), (Toutes les récréations), que je consacrais à ce sport.

        Pendant les vacances, il nous arrivait, SUZANNE, JO et moi, de prendre le train, gare de l’Est, et d’aller voir la famille de SUZANNE à GRANGES SUR VOLOGNE et la famille LEA, GEORGES et JOJO (Leur fils, d’un an, environ, plus jeune que moi), à LAMARCHE, également dans les VOSGES.       

        L’ingénieur des Ponts et Chaussées, aimait commencer sa journée, par une partie de pêche, dans la rivière voisine, puis il prenait sa voiture (Une PEUGEOT, remplacée, régulièrement, tous les deux ans), et allait essayer les virages, des routes avoisinantes.

Puis, il rentrait pour déjeuner. L’après-midi, travail de bureau, à domicile, ce qu’il appréciait plus que tout. (Rapports sur les virages à redresser, etc)

       

        LEA s’occupait du ménage, et consacrait ses heures de loisir, à confectionner des chapeaux de dames, indispensables, à cette époque, ne serait-ce que pour aller à la messe, et les faire admirer.

        Le jeune JOJO et moi, faisions des randonnées, à bicyclette dans les environs. Quelques acrobaties, à vélo, aussi. De vrais petits fous inséparables, cassant du bois de chauffage, pour tenter d éliminer notre trop-plein d’énergie !      

        A GRANGES SUR VOLOGNE, passe la VOLOGNE, bien entendu, dont l’eau, dévalant, directement, de la montagne, est d’une limpidité admirable, de quoi donner envie de s’y baigner ! Et c’est ce que j’ai fait, une fois, pendant les vacances de Pâques, tandis que luisait un magnifique soleil !

        J’ai plongé, de bon cœur, mais j’en suis ressorti, à une vitesse phénoménale, en me promettant de ne plus jamais recommencer, jamais ! L’eau,  traîtresse, était, réellement, trop froide, pour un non Scandinave.

        Dès mon entrée en 2eme B2, je pus rejoindre le dortoir des élèves de ma classe. Changement de décor : Dès 21 h, les lumières devaient être éteintes et le silence total. Heureusement, le pion, compréhensif, tolérait que l’on travaille, sous les couvertures, avec une lampe électrique de poche. De temps en temps, dans le noir, la tête émergeait, pour respirer !

        Au point de vue résultats scolaires, je n’étais pas à plaindre. Parmi les prix et les nombreux accessits : Un 2eme prix en anglais, en 3eme, un 2eme prix en composition française et un 2eme prix, en géographie, en 1ere.

        En basket-ball, la 3eme B2, la 2eme B2, la 1ere B2 sont premières de leur classe. (Et j’avais l’honneur d’en faire partie !)

        A la fin de la 1ere, je passe les épreuves du baccalauréat  (Ecrit et oral) à PARIS. Ayant réussi, je suis admis en clase de Maths- Elem.

Par MarzinYves
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Mercredi 6 juin 2007 3 06 /06 /Juin /2007 12:53

04

Chapitre 4          L A   G U E R R E

 

        Mon frère JO est mobilisé, rappelé au 27eme GRDI. Je le remplace, au restaurant, comme Chef de rang de treize tables, avec un commis, pour m’aider. Mes connaissances en anglais et en allemand, sont amplement suffisantes, pour m’entretenir avec les clients. Je suis content d’aider SUZANNE, qui a été si gentille pour moi. J’ai constaté,  par la suite, que je gagnais, autant qu’un Colonel de l’époque !

        Mais la rentrée scolaire approche, et je suis admis, au Collège de MORLAIX, en classe de Maths- Elem, comme pensionnaire.

        Signe distinctif : On porte un « Mu » grec, sur le calot. Les élèves de Philo, arborent, fièrement, un PHI.    

        Une nouvelle vie commence, partagée entre les études, au Collège, les sorties et les vacances à HENVIC, où ma tante Jeanne LE DLUZ, a remplacé, pour moi, ma grand-mère. 

        J’aurais voulu m’ENGAGER. Mais mon frère a refusé de signer l’autorisation. Contre mon gré, je suis condamné à  poursuivre mes études. Mais mon esprit est souvent ailleurs. Probablement, ma HAINE DU BOCHE, inoculée par notre forgeron, avec ses histoires de la guerre 14-18.

 

PUIS, TOUT SE PRECIPITE. LES ALLEMANDS AVANCENT PARTOUT,  ET,  

LE 18 JUIN 40, NON INVITES, ILS SONT à MORLAIX !

        Notre Principal, Mr SCHLEMMER, très ému, nous réunit et nous dit : 

        « Mes pauvres enfants, les Allemands sont là. Si j’avais votre âge, je passerais en ANGLETERRE ».

        Puis, il nous a libérés, nous demandant de rentrer, chez nous, par n’importe quel moyen, en évitant tout contact avec les « Doryphores », ou « Verts de gris », surnoms donnés, à l’époque,  entre autres, à l’ENVAHISSEUR.

 

                                        -o-   E  V  A  S  I  O  N   -o-

 

        Un MARZIN, corsaire, fait honneur à la Cathédrale de ST POL DE LEON. Que penserait-il de moi, si je me laissais prendre par l’ennemi ?  C’est décidé, je me REFUSE à me PLIER AUX INJONCTIONS de PETAIN et de l’occupant PROVISOIRE. Peine de MORT ?- ET APRES ?!

         Quant à mes études possibles, jusqu’à 27 ans ? Le DESTIN en a décidé AUTREMENT ! Je ne les reprendrai pas ! Il FAUT S’OCCUPER DE L’INDESIRABLE !

        A pied, j’ai donc quitté le Collège, et je suis allé à HENVIC, à KERRILY- VIAN, chez mon parrain, le temps de voir venir, tout en l’aidant à sarcler son champ.

        Le 23 Juin, était un dimanche. Avec quelques camarades, nous sommes allés jusqu’à un DEPÔT D’ESSENCE, EN TOUQUES, abandonné par les Anglais, entre HENVIC et TAULE, et non gardé. Y METTRE LE FEU, ETAIT UN JEU D’ENFANT. Nous nous sommes pris au jeu, et, bientôt, une fumée gigantesque s’est élevée, au dessus du BRASIER !

       CETTE DISTRACTION, spectaculaire, ETANT PASSIBLE DE LA PEINE DE MORT (Triste sort, pour des humains de notre âge !), nous avons pris rendez-vous pour le lendemain, au PONT DE LA CORDE, où un patron de barque de pêche, voulait bien nous aider, à rencontrer, au large, un bateau anglais, qui pourrait nous emmener en ANGLETERRE.

        Individuellement, pour ne pas attirer l’attention des Allemands, déjà confortablement, installés à CARANTEC et à ROSCOFF, nous nous sommes glissés, au fond de la barque. (Un sablier de 8 m 40, tel que je l’ai su, en l’an 2 000 !)

Nous étions huit, à vouloir partir. Dont mon cousin Jean LE DLUZ (16 ans à peine !)

 

 

        A midi, l’équipage est monté à bord, comprenant : JACQUES (Prononcez : JAQUESSE !) GUEGUEN (65 ans !), et deux jeunes de sa famille.

        Moteur auxiliaire mis en route, et départ, direction la mer, comme si nous allions à la pêche, en descendant la PENZEE. C’est, probablement, ce qu’ont dû penser les Allemands, ne voyant qu’un équipage de trois, et LOIN D’IMAGINER, qu’il pouvait y avoir une cargaison humaine clandestine, à bord. (Qui ? OSERAIT, FAIRE UNE CHOSE PAREILLE !)

        Après avoir quitté la PENZEE, qui connaît des différences de marée de sept mètres, nous avons commencé à connaître, les joies du roulis et du tangage, en pleine mer. La MANCHE, au mois de juin, est souvent agitée !

        Lorsque la côte n’a plus été en vue, nous nous sommes sentis, de nouveaux êtres humains. LIBRES, pour tout dire, et nous avons, enfin, pu discuter, en toute tranquillité.

        D’abord, le nom du bateau : Le POURQUOI  PAS. Un nom prédestiné ?! JACQUES GUEGUEN avait navigué, pendant 15 ans, sur le POURQUOI PAS du Dr CHARCOT. Rentré au pays, c’est le nom qu’il a choisi, pour son « Sablier » de 8 m 40. Voiles et moteur auxiliaire. La bonne et robuste coquille de noix bretonne, ne craignant pas la mer.

        Parmi les huit fugitifs, il y avait trois marins confirmés. Quant aux cinq autres, nous étions plutôt jeunes, et le plus jeune, était mon cousin, Jean LE DLUZ.

        Aucun bateau en vue. Le soir, nous nous sommes réfugiés, entre deux rochers, près de l’Ile de BREHAT.

        A quatre heures du matin, nous avons été réveillés, par les pêcheurs de l’île, qui reprenaient la mer. Et ils nous ont dit, en breton, que les Allemands étaient déjà là.

        « JERSEY ? » a demandé Jacques GUEGUEN. « Nord –Est », pour toute réponse, mais suffisante, pour un départ immédiat, dans la bonne direction.

        La mer est, de plus en plus agitée. Le bateau monte, hardiment, à l’assaut de murs d’eau, paraissant infranchissables, pour retomber dans un nouveau creux de vague.  

        Voir Jacques GUEGUEN, à l’oeuvre, en pareilles circonstances, est tout simplement, fantastique. La main gauche, tenant la barre, la droite, emprisonnant sa bouffarde, sur laquelle, il tire, avec satisfaction, tout en nous donnant des conseils, à nous les jeunes, contre les désagréments du mal de mer : « Ne te contrarie pas avec le bateau, laisse-le faire, ce qu’il veut, et tout ira bien »

        TERRE EN VUE, à 11 h. Nous avons hissé un pavillon français, d’une taille respectable.

         A midi, nous étions à quai, à JERSEY, dans le port de ST HELIER. Nous avons été très bien reçus, du fait que nous venions, aider les Anglais, à continuer la lutte, contre les Allemands. Nous avons reçu des cigarettes anglaises, de toutes marques.

        Puis nous avons pris congé, des membres de l’équipage, et nous avons été logés chez LES FRERES : (Des Religieux)

        Quelques années, plus tard, nous avons appris que nous étions la 2eme cargaison humaine de Jacques GUEGUEN, qui retourné à HENVIC est revenu à JERSEY avec une nouvelle cargaison de 45, cette fois. JERSEY occupé. Il faut autre chose, pour empêcher Jacques GUEGUEN, de prendre 35 nouveaux volontaires, qu’il a emmenés, directement, en ANGLETERRE. Félicité, à juste titre, il a eu ce mot admirable. « Je n’ai fait que MON DEVOIR. ». Au contact de tels hommes, même si on n’est pas né  PATRIOTE, ON LE DEVIENT !

        Le 1er bateau, en partance pour l’ANGLETERRE, étant le HYTHE, et ne partant que le lendemain, nous sommes restés chez LES FRERES,  jusqu’au lendemain après-midi.

        Puis, nous nous sommes présentés, pour l’embarquement, tous les huit.

        Le Cdt en Second paraissait indécis, et ne voulait pas nous laisser monter. Lui en ayant demandé la raison, il m’a dit, qu’il n’avait pas de CABINES.

        Nous avons éclaté de rire, et lui avons dit, que les cabines, ne nous intéressaient pas du tout. Seulement aller en ANGLETERRE, et VITE.

        L’attitude du Second a, alors, changé du tout au tout. Et il nous a dit que, dans ces conditions, tout le pont supérieur, était à notre disposition.

        Nous nous sommes installés, sur des caisses de bouteilles de bière, vides, qui repartaient, en ANGLETERRE, pour remplissage. Pas d’erreur, le tangage et le roulis, sont tout de même, moins importants, sur des navires de ce tonnage, que sur les coquilles de noix bretonnes ! Nous avons, parfaitement, bien dormi, à la belle étoile, et, au matin, nous arrivions à

                                               SOUTHAMPTON.

Par MarzinYves
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Mercredi 6 juin 2007 3 06 /06 /Juin /2007 12:52

05

Chapitre  5         A N G L E T E R R E  (1)

 

        Partis lundi midi (Le 24), aujourd’hui, le 27 Juin 1940, nous avons atteint, notre premier objectif, et sans mauvaise rencontre ! Ce n’est pas si mal, et le moral est très élevé.

        Première séparation : Les trois marins confirmés, vont être dirigés sur le port militaire voisin, qui est PORTSMOUTH. 

        Et nous, les jeunes, nous sommes pris en charge, par la police d’abord, puis par l’Autorité militaire, en la personne d’un brave sergent anglais, avec ses trois galons, qui nous guide, dans les formalités, dont un premier interrogatoire, nous conduit à la gare, nous fait monter dans un compartiment réservé, et nous accompagne, jusqu’à LONDRES.

        Arrivés dans la capitale, nous sortons de la gare, et une dame anglaise, très aimable, nous accueille : « C’est vous les petits Français, qui venez d’arriver ? La voiture est avancée. »

        Et nous avons la surprise, de monter dans une grande, et luxueuse, ROLLS ROYCE, qui nous dépose, dans un grand lieu public de LONDRES.

        Réellement, déjà beaucoup de monde, et de toutes les nationalités.

        Nous nous retrouvons, avec les Français, et nous constatons, déjà, que les Bretons sont en majorité, qu’on pourrait qualifier, D’ECRASANTE !

        

 

        L’AMBIANCE est extraordinaire. Il semble que chacun, ici, quelle que soit son origine, est venu, dans un même but : continuer la lutte contre les ALLEMANDS, mais aussi, contre les ITALIENS, qui nous ont, LÂCHEMENT, déclaré la guerre, quand ils se sont aperçus, que la bataille de FRANCE, était perdue par la FRANCE. Nous nous promettons déjà, de leur démontrer, plus tard, qu’ils ont fait un MAUVAIS CALCUL.

.

        Et, toute la journée, les arrivages se succèdent, joyeusement accueillis par les hymnes nationaux. Le plus souvent, c’est la MARSEILLAISE, toujours impressionnante, en pays étranger.

        Interrogatoires plus poussés, aussi. Nous déclarons, tout ce que nous savons, sur les mouvements des troupes allemandes, observés, avant notre départ.

        Les Anglais cherchent aussi, à détecter, parmi nous, les « BREBIS GALEUSES » qui auraient pu essayer de s’infiltrer. La guerre des espions bat son plein. (La CINQUIEME COLONNE !)

        Le premier lieu public, étant devenu trop petit, nous, les Français, sommes dirigés sur un autre lieu public de LONDRES.

        Mon premier désir, avait été, de m’engager dans la RAF (ROYAL AIR FORCE)

        Là aussi, il va y avoir du changement, par rapport aux prévisions.

        Un beau jour, nous voyons apparaître un Aspirant français, qui nous déclare, faire partie de l’Etat- Major, du Général DE GAULLE, (PREMIERE NOUVELLE !) qui a l’intention, de reformer, au plus vite, des forces motorisées, et de reprendre, aussitôt, le combat.

        Que, dans cette intention, il aurait lancé, le 18 Juin, un appel, (PAS ENTENDU !) à tous ceux qui pourraient l’aider, dans cette tâche nationale.

        A la demande d’un Adjudant- Chef, l’Aspirant a alors demandé, QUELS SONT CEUX, QUI NE SERAIENT PAS VOLONTAIRES.

        Un seul doigt s’est levé, NAVRE. Mais le détenteur du doigt, n’avait pas été favorisé par la nature, et aurait, de toute évidence, été déclaré « INAPTE »

        « Parfait, dit l’Aspirant, l’important, maintenant, est de ne pas perdre de temps. Je demanderai donc, aux Sous- Officiers, de sortir des rangs, de s’aligner, et de choisir leurs hommes, à tour de rôle. »

        Très rapidement, nous nous sommes trouvés, à une dizaine de « bleus », derrière le Sous- Officier qui nous avait choisis.

        Et c’est ainsi, que nous avons commencé, notre première manoeuvre à pied, sans arme, avec  l’extraordinaire bonne volonté, l’ ENTHOUSIASME DU VOLONTAIRE, qui a CHOISI SON DESTIN, en toute connaissance de cause.

        Et puis, un jour, le Général DE GAULLE est venu, grand, jeune, sûr de lui, avec des mots convaincants, allant droit, au cœur de chacun. IMPRESSION UNANIME : Nous étions sûrs, MAINTENANT, d’avoir, UN CHEF, UN VRAI !

 

 

        Dès ce jour, le désir de bien faire, de travailler d’arrache-pied, s’est affirmé. Un mot, si, à la mode, pendant la drôle de guerre, et jusqu’à la débâcle : « FAYOT », était banni de notre vocabulaire !  (Je pense que ce mot,  en apparence, anodin, INCITE le soldat, à ne pas BIEN FAIRE son travail, et la défaite est  prévisible !) (Comment voulez-vous, donner le meilleur, INDISPENSABLE, de vous-mêmes, si on vous traite de « FAYOT » !)

        Un beau jour, notre vie londonienne a pris fin. Et nous avons été dirigés sur la région d’0XFORD, à DELVILLE CAMP. Près de MORVAL CAMP, déjà occupé par les Légionnaires de la 13eme DBLE, et des Chasseurs de la Région niçoise, revenus de NARVIK, en NORVEGE. (Une des rares victoires françaises de 39-40)

        Le contact avec la LEGION, a été très important, pour nous, les jeunes. L’EXEMPLE,  d’une troupe, VOLONTAIREMENT DISCIPLINEE, cherchant la perfection en tout, y compris la tenue, le respect absolu du Chef, des couleurs, une telle troupe est INVINCIBLE.

        Et puis, le 14 Juillet est arrivé. Transportés à LONDRES, nous avons défilé, une partie, dont moi, en civil, derrière une banderole : VOLUNTEERS FOR GENERAL DE GAULLE’S ARMY. Sous les ovations, d’une foule enthousiaste (Vive la FRANCE !)

        Après avoir vu un film, dans un grand cinéma de LONDRES, où toutes les forces de DE GAULLE, pour le moment, étaient rassemblées, nous avons été ramenés à DELVILLE CAMP

        Et, dès le lendemain, nous avons abandonné nos pauvres vêtements civils, qui avaient beaucoup souffert, depuis notre départ de FRANCE, les chaussures, surtout.

        Nous avons pris une bonne douche, perçu une première serviette, puis, nous nous sommes habillés, au fur et à mesure, de notre passage devant les stands. (En commençant par le caleçon !), battle-dress, etc, et enfin, le béret noir, et le manteau britannique ! 

        Habillés, de pied en cap, avec le paquetage, réparti dans les musettes, sacs dorsaux, et l’inévitable sac marin. Gamelles, bidon. Uniforme totalement anglais.

        Seul signe distinctif, notre nationalité : FRANCE, figurant sur le haut de nos vestes et de nos manteaux. Tout le monde peut voir, maintenant, que nous appartenons aux FREE FRENCH FORCES ou FORCES FRANCAISES LIBRES.

        Nous avons, également, le casque plat anglais, dont le port est obligatoire, au cours des nombreuses et, parfois, bruyantes, alertes aériennes.

        Equipements, ceinturon, cartouchières, et le fusil ENFIELD, avec lequel, nous allons pouvoir faire, la manœuvre à pied, avec armes, à la française, en trois temps, en ce temps-là.

        Des candidats pour les transmissions, ayant été demandés, avec promesse d’être engagés les premiers, si réussite, je me lance dans l’étude du Morse.

        Au bout de trois semaines, mes résultats sont encourageants, mais la priorité transmissions, a disparu du programme, et je me retrouve, dans l’artillerie de campagne, comme servant de « 75 ». (Ceux que nous avons, reviennent de NORVEGE, où ils ont fait du bon travail. Leur réputation n’a pas encore été émoussée.)

        J’apprends, successivement, toutes les fonctions, en commençant par les plus simples : Pourvoyeur, chargeur, pointeur en hauteur, artificier et pointeur en direction.

        Assez fort en calcul mental, je deviens, rapidement, pointeur en direction attitré, et moniteur, pour toutes les autres fonctions.

 

 

        L’instruction fait rage. Les mises en batterie, de plus en plus rapides.

        L’enthousiasme est tel que, le soir, après dîner, comme il fait encore jour, nous allons voir le MDL HETIGIN, chef de pièce, pour lui demander l’autorisation de continuer l’instruction, jusqu’à la nuit. Pris au jeu, il en reprend le commandement.

        Résultat : Aux écoles à feu de SALISBURY, le Général d’Artillerie britannique, est plutôt estomaqué, devant cette vitesse d’exécution, et le manque total d’erreurs. Cette hantise de l’artilleur, qui se sentirait déshonoré, si l’un, seulement, de ses obus, allait endommager les troupes, qu’il est chargé de défendre ou d’appuyer.

        De bonnes nouvelles arrivent, pour les Forces Françaises Libres. Par son audace, et ses qualités militaires, hors du commun, un Capitaine, nommé Commandant par DE GAULLE, et se faisant, par ruse, passer pour Colonel, (LECLERC), a réussi à rallier à la FRANCE  LIBRE, toute l’AFRIQUE EQUATORIALE FRANCAISE. D’ores et déjà, les forces du Général DE GAULLE, ne pourraient plus tenir, dans un seul cinéma de LONDRES.

        Donc, il va falloir des cadres. Un peloton d’élèves Aspirants d’artillerie, de 32 élèves, va être mis sur pied, ici, en ANGLETERRE. Pour désigner les candidats, un examen de culture générale est organisé, et j’ai la surprise d’obtenir un rang flatteur. Les 32 premiers seront élèves aspirants.

        Nouveau travail acharné.  Je suis 32ème sur 32 !  

         Les 28 premiers (X ou admissibles à l’X), sont nommés aspirants. Les quatre derniers (Niveau bac) sont nommés MDL, pour compter du 1er Mai 41. Me voilà donc Sous- Officier, et, au fond, pas trop déçu. J’obtiens la quatrième pièce, celle qui doit, rester sur la position, pour permettre  le repli éventuel, des trois autres.

        Changement de décor. Maintenant, il faut apprendre le 40 BOFORS, anti- aérien. Et former de nouveaux pelotons de pièce. Qu’à cela ne tienne. Il faut s’adapter à tout, on s’adapte à tout, et, aux écoles à feu de ST AGNES, dans les Cornouailles, la pièce française est notée, comme paraissant indisciplinée, mais terriblement efficace, ayant atteint la manche, sans endommager l’avion tracteur !

        Dans une armée moderne, tout le monde doit savoir conduire. Chacun s’y est employé. Sur DK5 PEUGEOT, avec volant à droite, d’abord, puis, sur tout le matériel, revenu de NORVEGE : P 107, semi- chenillé, Somua de dépannage, et enfin sur FORDSON et BEDFORD anglais.

        Fin Août 41, mouvement, par train, direction  LIVERPOOL.

Par MarzinYves
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Mercredi 6 juin 2007 3 06 /06 /Juin /2007 12:50

06

Chapitre  6          EN MER : NORTHUMBERLAND

 

        Ayant perçu un nouveau paquetage, type colonial, avec le grand casque, nous embarquons sur le NORTHUMBERLAND, et nous quittons LIVERPOOL, le 30-8-41.

        Il paraît que notre convoi, comprend cent- vingt bateaux marchands ! Voguant, à la vitesse du plus lent : 9 nœuds, environ. Protégé par deux porte- avions, deux cuirassés et toute l’armada, accompagnant de tels morceaux.

        Au large de BREST, un Focke-Wulf 200 (Quadrimoteur allemand), qui a voulu nous admirer de trop près, a été atteint, et n’a pu rejoindre sa base.

        Au large de GIBRALTAR, un sous-marin allemand, s’est fait grenader, sans nous causer de dégâts. 

        Une grosse partie de notre flotte, est partie, pour la Méditerranée.

        Avec le reste, nous continuons, vers le Sud- Sud- Ouest.

        Au large des Iles CANARIES, un autre sous-marin allemand, s’est fait grenader, lui aussi, et il a subi le même sort que le premier. Sans conséquence fâcheuse, pour nous.

        Sur ce bateau, j’ai pu apprécier le HAMAC, à mon avis, plus reposant que les couchettes, par gros temps. Merveilleux spectacle que celui de tous ces hamacs, accompagnant, en cadence, les mouvements du bateau : roulis, tangage et le combiné !

        Sur ce bateau, la principale distraction,  était le chant des troupes embarquées : « ROLL THE BARREL », « It’s a long way to TIPERARY », « LILY MARLENE », « MY BODY IS OVER THE OCEAN », etc.

        1ere escale depuis LIVERPOOL : FREETOWN (Débarquement de troupes)

        2eme escale : TAKORADI (Débarquement de troupes)

       3eme escale : LAGOS (Débarquement de troupes)

       Il ne reste plus, que des Français, Libres, à bord.

       Nous avons franchi l’Equateur, à 4 h du matin. Il faisait froid, et j’étais de garde, au canon japonais, à l’arrière.

       Quatrième et dernière escale : POINTE NOIRE.

Par MarzinYves
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Mercredi 6 juin 2007 3 06 /06 /Juin /2007 12:49

07

Chapitre 7        AFRIQUE EQUATORIALE FRANCAISE

 

        Nous sommes le 10-10-41. Emotion, de voir le bateau du pilote français, venu nous accueillir. Avec un pavillon français, orné, en son centre, de la CROIX DE LORRAINE, indiquant que nous sommes sous l’Autorité de DE GAULLE, et non de PETAIN, que nous ne portons PLUS, dans notre cœur.

        Pour la plupart d’entre nous, 1er contact avec les noirs.

        A POINTE NOIRE, nous avons pu nous baigner, dans une mer, relativement chaude.

        Embarquement sur le CONGO- OCEAN : Train reliant POINTE NOIRE à BRAZZAVILLE, à travers la FORET VIERGE. La légende dit, que la construction de cette ligne, a coûté la vie, d’un Européen au kilomètre, et celle d’un noir (Surtout des SARAS), par traverse. Comme pertes en vies humaines, c’est, tout de même, impressionnant.

        Quant à la traversée de la FORET VIERGE, c’est tout simplement grandiose, grouillant de vie.

        A BRAZZAVILLE : Embarquement sur le FONDERE,  bateau à aube, marchant au feu de bois, combustible qui ne manque pas, dans la région ! 

        Remontée de l’OUBANGHI. Débarquement à BANGHI.

        Sur la grande place, des camions en quantité : A deux ponts, plus de 3 T 5, chargés de fûts d’essence, de 200 litres, marque : FORD et CHEVROLET.

Ceux qui préviennent l’Adjudant, qu’ils n’ont jamais conduit de camions de cette taille, reçoivent, comme réponse : «EXCELLENTE OCCASION POUR COMMENCER »

        On apprend l’utilisation du pont avant, en cas de besoin, et chacun prend possession de son véhicule, avec la recommandation, superflue, de ne pas fumer, à proximité !

        Dernière  recommandation : « Attention au kilomètre 100. Il y a une descente importante, un virage à angle droit, à droite, un pont étroit, sans parapet, un virage à angle droit, vers la gauche et l’on remonte assez fort. Attention, il y a déjà un camion, au fond du ravin »

        Partis en convoi, la distance entre les véhicules, est commandée par la poussière, du camion qui précède. On se protège de cette poussière, non seulement, avec les lunettes hermétiques, mais aussi avec le chèche, dont on s’enveloppe la tête.

        A l’escale de FORT ARCHAMBAULT, nous avons pris confiance, dans notre matériel. « MAIS C’EST FACILE ! » constatent les jeunes. «  OSER,  C’ EST POUVOIR », a dit quelqu’un !

       Une  fois,  reposés, continuation du voyage, à destination de FORT LAMY, où nous arrivons, fin Décembre 41

Par MarzinYves
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